FRANÇOIS CURLET

6 December 2012 - 26 January 2013
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VINTAGE DISCOUNTER

Galerie Micheline Szwajcer is pleased to present Vintage Discounter, the fifth solo exhibition of François Curlet at the gallery. The exhibition centers on a new series of discount store logos, made of laminated Formica tabletops from the charity shop Emmaus, and nightmarish, advertising versions of the Native American dream catchers.

"The whole forms a keyboard shortcut to the human food chain, as reflected in the words of French singer Philippe Katerine in relation to the sweaters he purchased at a thrift store: “I love wearing the clothes of dead people.” Here, the film of historical comfort—still present in the memory of the exhibitions Le Vide by Yves Klein (1958) and Le Plein by Arman (1960) at Galerie Iris Clert in Paris—has burst; its fragments are replayed in the lottery of compulsory compositions. They have fallen into another stratum, namely that of vintage, which amnesic archaeologists devour. What remains is poetry, attempting to create a breathing space in the chinks of the profit margin." – FC

François Curlet was born in 1967 in France, but has been living in Belgium for more than twenty years (as a “belgoïd”). Since the late 80’s, he has developed a body of work that ranges from cultural artifacts to domestic objects, in which the world of things and brands is prodigiously dismantled, reassembled and reified. From the philosophical to the trivial, Curlet is interested in reinterpretations, rather than commentaries, in order to raise critical thinking. Shifts in meaning are orchestrated by way of unexpected meetings between forms that mirror our memories and manners. Fugu, a major survey exhibition of his work, opens at the Palais de Tokyo in Paris on 25 February 2013.



Vintage of love.

N° 47 : Il déballa avec parcimonie le paquet livré à l’instant, acquis dans une vente aux enchères au début du mois. Une sculpture Dogon « exceptionnelle » selon l’expert. Le bruit du bulle et des bandes de scotch du déballage du chef-d’œuvre était accompagné d’un son électrique continu qui durait depuis la veille, celui d’une scie électrique, semblait-il, provenant de chez le voisin.

N° 45 : Après avoir méthodiquement démonté sa collection de meubles vintage, il venait d’en finir avec l’étagère George Nelson, tous les éléments rangés soigneusement par taille de découpe étaient prêts pour être assemblés dans le salon en forme de cabane dans le style Davy Crockett. La hauteur au sommet du toit prévue devait effleurer de justesse le plafonnier.

N° 43 : Ingrid ne retrouvait plus, après avoir accusé toute sa famille, le petit tableau gris de Richter laissé depuis 20 ans dans le grenier. Sa nièce de Cologne venait de l’éclairer sur la valeur de ce dernier quand sa tante se plaignait du coût des travaux pour restaurer sa maison art nouveau. Ingrid rêvait d’une véranda Jugendstil.

N° 41 : Le couple breton adorait la cuisine belge et asiatique. Installée depuis 10 mois dans la capitale de l’Europe, Nolwenn faisait des croquettes de parmesan au wok. Le persil grillé prenait une saveur inédite avec les fines tranches de piments revenues en même temps. Les amis polis, dont parfois des autochtones, dégustaient sans broncher les petites inventions de madame. Toutefois, c’était au dessert avec les pannenkoeken de Bruges que les sourires se décrochaient spontanément.

N° 39 : Victor, né en 1938, assume seul depuis qu’il est veuf sa vie avec sa pension unique. Son appartement de deux chambres, payé à la livraison dans les années 50, est économique à l’entretien. Son fils lui a posé des doubles vitrages et un digibox-recorder afin de regarder à sa guise ses programmes préférés. Il descend sa mince poubelle tous les quinze jours. Lors de ce rituel, il contemple toujours étonné les barricades de sacs et cartons d’emballage pliés de ces voisins tout au long du trottoir. Il ne les connaît pas, sauf la dame deux maisons plus haut. Les autres ne se distinguent pas plus pour lui que les morceaux de sucre sous ses doigts piochés dans sa boîte métallique Jules Destrooper, biscuits qu’il trouve encore par bonheur au hard-discount du coin…

FC



Photo credit: Sven Laurent